Traits d'Union

« D’où viens-tu ? »

Qui ne s’est jamais posé la question ? Celle de l’origine, que ce soit la sienne ou celle d’un autre ? Qu’entend-on d’ailleurs par origine ? Quelles histoires, quels lieux, quels événements créent qui l’on est ?

Traits d’union est un projet qui questionne le lien humain et le mot « origine » dans sa perception et sa définition.Cette question « D’où viens-tu ? », j’ai souhaité la poser aux personnes qui acceptent de me rencontrer et de se raconter.
 

Cette série d’entretiens a débuté en août 2018. 


 

C’est un fil qui relie, un trait d’union entre les êtres et leurs chemins. 
Chaque personne rencontrée donne sa réponse, celle de l’instant présent, et me propose une personne à contacter, qui à son tour viendra se raconter à travers cette seule et unique question. 

Petit à petit, se tisse alors une filiation de cœur qui pourrait ne jamais cesser et, pourquoi pas, faire le tour du monde, parcourir l’ensemble de l’humanité.

 

Découvrez chaque semaine un nouveau portrait.

« Le trait d’union a un rôle de conciliation, d'intermédiaire ou de liaison entre des personnes ou des choses. (…) Il sert à créer des mots composés, dont le sens dépasse celui de ses composants. »*

*Larousse & Projet Voltaire.

Merci à tous les participants pour leur disponibilité et leur générosité !

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Texte de présentation et correction orthographique des entretiens © Muriel Gandois

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Olivier Dote Doevi

Comédien, Paris
Hôtel Edgar - Paris 2e arrondissement. 

Olivier peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Il y a des gens qui passent toute leur vie à se demander d’où ils viennent. Mes parents, eux, viennent du Bénin et du Togo, mais moi j’ai grandi à Paris, en France, et plus exactement je pense vraiment que là d’où je viens c’est de la porte de Clignancourt. C’est l’endroit où j’ai vécu le plus longtemps et c’est un endroit qui m’a forgé. J’ai fait une bonne partie de ma scolarité là-bas. 

À l’époque c’était un quartier qui avait beaucoup de caractère et d’influence sur ses habitants. C’était un quartier qui avait beaucoup de caractère et ...

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Anna George Lopez

Graphiste, 36 ans, Paris
Restaurant Le Relais de la Butte - Paris Montmartre. 

Anna George  peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Un peu. Là immédiatement je viens de ma douche. Il y a trois ans je venais d’Allemagne, il y a onze ans je venais de Nantes, il y a quinze ans je venais de Paris 9e et il y a trente six ans et quelques je venais du ventre de ma mère. Chacun de ces lieux m’a nourrie, mais je me rends compte aujourd’hui que j'ai traversé ces différentes expériences dans ma tête, de ma tête.

 

J’ai tendance à expérimenter les choses de manière très cérébrale, j’ai toujours énormément regardé, réfléchi les choses. Je me suis beaucoup projetée...

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Frank Adebiaye

Comptable et typographe, 36 ans, Paris
Parc Monceau- Paris. 

Franck peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je viens du froid, « je suis né dans le gris par accident » comme disait Laurent Voulzy dans « Cœur Grenadine ». J’ai des origines un peu exotiques, mon père vient du Bénin, ce qui est loin d’ici et ma mère vient de Picardie, donc c’est français. Je suis un mélange de ça. J’ai été élevé en France, contrairement à ce que mon phénotype pourrait laisser penser. On pourrait avoir l’impression que je viens des Caraïbes ou je ne sais quoi, mais je viens du froid. J’ai grandi dans le froid. J’aime bien le froid, je n’aime pas la chaleur, d’ailleurs je suis très inquiet pour le réchauffement...

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Anthony Masure

Chercheur en design, 35 ans, Paris
Université Toulouse - Jean Jaurès- Toulouse. 

Anthony peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Quand tu es venue me voir en novembre 2018, j’étais encore Maître de conférences en design à l’université Toulouse – Jean Jaurès, où cette photo a été prise. C’était une période d’interrogations, et c’est sans doute pour cela que j’avais été déboussolé par ta question, pourtant simple en apparence. 

 

Si je prends les choses de façon littérale, sur un plan géographique, j’ai grandi dans un village au milieu des champs, dans la Beauce. J’ai passé mes années de lycée à Orléans, puis je me suis installé à Paris pour...

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Saul Pandelakis

Enseignant chercheur, 35 ans, Toulouse
Université Toulouse - Jean Jaurès- Toulouse 

Saul peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" C’est une question qui a plusieurs réponses. Spontanément j’aurais tendance à répondre que je viens du Jura car c’est là où je suis né. Mais à cette question je peux aussi te dire que je viens de la recherche, je viens de la culture du design, je viens du dessin, je viens de la classe moyenne, je viens du genre féminin, je viens de la langue anglaise - émotionnellement -, je viens d’un corps qui marche pas très bien aussi… Tu vois il y a plein de réponses à cette question. Mais en tout cas je viens de… et j’avance et je voyage. On va dire les choses comme ça."

Saul, peux-tu me parler d’une personne que tu connais ?  

" Leslie est tout simplement ma personne préférée au monde, à savoir ma sœur ! :) "

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Leslie Pandelakis

Tatoueuse, 29 ans, Angoulême
L’Œil du Cyclone - Angoulême. . 

Leslie, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" C’est une bonne question ! À l’origine je viens d’un petit coin reculé dans l’est de la France, mais en réalité, je dirais que je viens surtout d’une bibliothèque. J’étais plutôt solitaire dans mon enfance et si je devais choisir, ça serait la bibliothèque chez mes parents. Il y avait plein de livres et je crois que je viens de ce monde un peu imaginaire et des BD avec lesquelles j’ai grandi et qui ont fait un peu ce que je suis. 

 

Voilà.

Ça serait une pièce... de la bibliothèque.
J’y ai passé beaucoup de temps. Comme on vivait à la campagne, c’est ce qui a fait que j’étais perçue de manière plutôt différente. Ça a conditionné mon enfance. Je n’étais pas forcement acceptée dans mon école, la France campagnarde... Déjà qu’avec un nom de famille étranger ça passe pas très bien mais quand en plus on lit des livres et qu’on va au cinéma... on passe pour un « weirdo » quoi.
La bibliothèque ça a été un refuge et peut-être un peu une prison aussi quelque part. Mais je pense que c’est ce qui m’a permis, plus tard, de partir. "

Leslie, peux-tu me parler d’une personne que tu connais ?  

" De manière logique, la première personne à qui je pense est mon collègue, la personne avec qui j’ai commencé vraiment le tatouage. On a vraiment appris ensemble. Il s’appelle Gregory Howie et il est tatoueur à Bayonne."

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Grégory Howie

Tatoueur, 28 ans, Bayonne
Eddy's Tatoo - Bayonne . 

Grégory, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je viens de France et d’Angleterre. J’ai une partie de ma famille du côté d’Angoulême, en Charente et une autre partie du côté de Londres et un peu en Ecosse, mais je n’ai plus aucun contact avec cette partie là car cela remonte à une génération très très éloignée. Mon papa est décédé quand j’avais neuf ans et je ça m’a coupé un peu de mes liens familiaux anglais. Donc, j’ai plus cultivé la France parce que je vivais en France, c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas d’accent quand je parle en français. La plupart du temps quand on a pas quelque chose on le recherche et j’ai toujours...

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Michèle Lafont​

Retraitée, 62 ans, Saint-Projet
Gare SNCF - Angoûlème. 

Michèle, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" On vient de ses parents, c’est la première chose à dire. C’est une chose très importante car finalement les gens se demandent toujours d’où ils viennent et quand ils n’ont pas ce repère là, il leur manque quelque chose. 

Donc on vient de ses parents… voilà, c’est principalement ça. Après, j’ai l’impression personnellement de venir aussi d’ailleurs quelquefois, parce que je ne me sens pas toujours adaptée à la situation actuelle, à la vie de tous les jours. J’ai toujours l’esprit qui vagabonde sur d’autres sphères, je pense avoir vécu d’autres vies… ça j’en suis persuadée. C’est bizarre mais c’est comme ça, ça n’a rien à voir avec le fait que je vienne de deux parents, d’un père et d’une mère, c’est le fait que je ne me sens pas toujours dans mon élément ici. Il y a des circonstances qui font que je me pose des questions par rapport à ce que je suis vraiment. Voilà. Moi je sais d’où je viens, d’une petite ville de Charente avec deux parents qui étaient tout à fait équilibrés et qui sont très sympas, j’ai la chance d’appartenir à une famille. Je sais aussi où je vais, je sais ce que je suis, ce que je fais, ce que je vis, je suis tout à fait en phase avec ce monde actuel, mais il y a quand même un petit moment où je me dis : « j’ai dû vivre différentes vies ». 

Je ne vais pas te dire pour qui je me prenais, mais quand on était petits, je faisais rire les enfants quand je leur disais que j’étais peut-être ça ou ça. J’étais un petit peu hurluberlu. Mais, pour moi, c’est les choses telles que je les ressens. "

Michèle, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" Je connais Fanny, la chose que je peux te dire sur Fanny, c’est qu’à mes yeux elle est une survivante. "

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Fanny Patou

Retraitée, bibliothécaire de carrière, 65 ans, Montbron
Place de l'Hotel de Ville- Angoûlème. 

Fanny, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je suis née à Auxerre dans l’Yonne, donc je viens de là-bas. Ensuite, je suis montée sur Paris et après je suis allée en Charente… voilà mon parcours. Mon père était allemand, donc j’ai aussi des origines étrangères. Ma ville de naissance est ma ville de cœur, mais je pense que j’ai finalement adopté Montbron. Je m’y plais bien. Je vis dans une vieille maison qui était un cloître, il y a des grandes voûtes, c’est très sympa. Quand je me suis installée, j’ai aimé cette maison. Elle était moche au départ mais je l’ai un peu rénovée, elle avait besoin de travaux. Maintenant je m’y plais et je n’ai pas envie d’en partir. Je suis arrivée en 2001, j’y suis depuis 18 ans, c’est mon cocon, j’adore. J’ai une terrasse couverte, je suis bien. Dès qu’il y a un petit rayon de soleil, je suis sur ma terrasse. C’est mon univers."

Fanny, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" Eva est ma petite crevette fragile et forte. Nous partageons le lien d'une maman à sa fille "

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Eva Patou

Militaire en reconversion, 34 ans, Poitier
Lycée Guez Balzac- Angoûlème. 

Eva, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" C'est une question un peu difficile parce qu'on a beaucoup déménagé quand j'étais petite. Si je devais dire d'où je viens, ce serait Nersac car c'est là que j'ai passé les huit premières années de ma vie. On habitait dans un petit lotissement et puis a cette époque là tout le monde jouait ensemble dans un grand parc. Je me rappelle que tous les enfants du quartier jouaient sur cette aire de jeux et ce sont mes plus beaux souvenirs. C'est ça qui m'a marqué, ces moments de joie. ""

Eva, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" Marine, c'est un coup de coeur amical. Une femme forte et passionnée qui transforme ses rêves en réalité. "

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Marine Babinot

Viticultrice,  27 ans, Cognac
Gare de Cognac- Cognac.

Marine, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" J’ai habité à Marseille et aussi un peu partout en France et aujourd’hui je suis revenue ici pour reprendre l’exploitation familiale. Je bossais dans le vin, mais là je me suis spécialisée dans le Cognac. Je considère vraiment venir autant de la ville que du milieu et du produit Cognac, actuellement c’est l’endroit où je vis et mon métier et je partage aussi ça avec mon chéri. Je suis née au milieu des vignes, j’ai toujours été habituée aux vignes… c’est quelque chose qui fait vraiment, beaucoup, beaucoup partie de ma vie ! Mon métier me passionne et le produit Cognac aussi, par rapport à son mode de consommation et à tout ce qu’il représente, par rapport au monde du luxe qu’il y a autour et toutes les possibilités, la façon dont ça fait vivre notre ville, car Cognac vit juste grâce à ça et c’est un produit qui oenologiquement est incroyable. C’est un feu d’artifice dans la bouche. Alors, je dirais que je viens du mot Cognac pour tout ce qu’il représente. "

Marine, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" J’aimerais que tu rencontres Juliette car c’est une amie de l’époque du lycée et on est toutes les deux revenues à Cognac quasiment en même temps. On est trois ou quatre à être revenus alors qu’on pensait ne jamais remettre les pieds ici et on s’est encore plus rapprochés de ce fait là et de Cognac qui nous lie. C’est une de mes meilleures amies, c’est quelqu’un que j’adore et je sais qu’elle n’est pas forcement très à l’aise avec son image et j’ai vraiment envie qu’elle dise oui pour se faire prendre en photo !  "

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Juliette Vilquin

Agent de recrutement, 27 ans, Cognac
Gare de Cognac - Cognac.

Juliette, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je suis originaire de Cognac, j’ai grandi ici, j’y ai pratiquement fait toute ma scolarité. Ensuite, j’ai bougé cinq ans à Bordeaux, je pense avoir mis un petit peu de moi là-bas. Après, je suis partie deux mois en Californie à Palo Alto, puis à New York pendant six mois et à Londres pendant un an. Je suis revenue ici parce que c’est mes origines, mais je pense aussi que je suis de toutes les villes où j’ai vécu, Bordeaux, Palo Alto, New York et Londres. J’ai appris les cultures de tous ces endroits, à chaque fois j’y ai vécu comme une vraie bordelaise, comme une vraie new yorkaise, comme une vraie londonienne ou comme quelqu’un de Palo Alto. J’ai rencontré beaucoup de gens. A Palo Alto, j’étais fille au pair donc j’ai rencontré plein de monde et les amis de la famille, plus comme je sortais avec une fille j’ai rencontré plein de gens aussi. A New York, j’y ai fait mes études donc j’ai rencontré énormément de monde et à Londres, comme j’y ai travaillé, j’ai rencontré plein de collègues, surtout des français. Après, j’ai changé de boulot et il y avait toutes les nationalités, des ukrainiens, des biélorusses, il y avait aussi surtout beaucoup d’espagnols et d’italiens. Et puis j’ai aussi rencontré tous les collègues de mon frère. Ce sont tous des gens avec qui je continue de discuter, il y a des américains aussi car mon frère sort avec une américaine donc je suis toujours en contact avec eux, c’est cool. Je viens de cet enrichissement, de toute cette diversité. "

Juliette, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" David-Alexandre est quelqu'un que j'ai rencontré il y a quelques années en soirée, au Blues Passion à Cognac pour être exacte. On a beaucoup parlé, échangé nos numéros mais malheureusement on s'est assez vite oublié après quelques semaines d'échange. 

Et puis un jour, un ou deux ans plus tard, je l'ai recroisé totalement par hasard à La Rochelle. De là, est venu le mythique "on se connaît non ?", on a cherché pendant un bon quart d'heure jusqu'à ce qu'il me donne son prénom et là ça m'est revenu ! Je l'ai donc fait bipé sur son portable et mon nom est apparu, c’était vraiment marrant. 

On s'est revu ensuite, mais comme j'avais un copain à l'époque c'était un peu compliqué et on s'est vite re-perdu de vue, jusqu'à ce que je le recroise totalement par hasard encore, à Cognac dans un bar ! Là, on a eu une petite histoire qui s'est arrêtée quand je suis partie à New York. Puis, un ou deux ans après mon voyage à New York, on s'est revu et c'est devenu une personne qui compte énormément pour moi du fait de notre parcours, perdu de vue, retrouvé, re-perdu de vue puis re-retrouvé et cette fois pour de bon. "

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David-Alexandre Schiela

Urbaniste, 31 ans, Bordeaux

Rue des Ayres - Bordeaux

David-Alexandre, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" C’est une question compliquée pour moi, dans le sens où j’ai un nom dont je ne sais même pas d’où il vient. Je suis né à un endroit, c’est écrit sur ma carte d’identité, mais ce n’est pas forcément de là que je viens, c’est plutôt de tout ce qui m’a construit, de tout ce que j’ai croisé. Je pense qu’aller chercher des cerises dans le cerisier de ma grand-mère et revenir avec le t-shirt blanc tout taché et bien je descends bien plus de ce cerisier que d’un arbre généalogique, ou tout ce que l’on voudra. La cour d’école et toutes les méchancetés que j’ai croisées dedans, font aussi que je viens de là et m’ont donné mon regard sur le monde, sur les choses et sur les gens. Ma volonté de comprendre ce qui se passe autour de moi m’amène à aller voir d’autres endroits, à aller voir tout ce que l’on peut comprendre et je crois que l’on vient toujours de toutes ces expériences. C’est ce qui fait la personne que l’on est, que l’on évolue et que nous sommes différents chaque jour. Voilà, je viens de là. On a plusieurs sources, on n’est jamais que d’un seul endroit, il me semble."

David-Alexandre, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" J'ai rencontré Robin dans un cadre professionnel assez récemment, cependant il m'a très vite semblé que ce jeune homme avait des qualités semblables aux miennes, la force de l'âge et l'optimisme en plus ! 

Je l'ai convié à cette série de portrait car c'est une personne ouverte, soucieuse des autres, attentive et sensible en plus d'être un peu artiste ! On gagne à le connaître, et il mérite d'être vu et entendu. Voilà pourquoi vous découvrirez son portrait la semaine prochaine."

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Robin Greco

Médiateur de chantier, 27 ans, Bordeaux

Porte Cailhau - Bordeaux

Robin, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je suis né à Nancy, voilà pour le lieu géographique… c’est une ville très étudiante, très culturelle. J’ai grandi dans deux milieux radicalement différents… famille recomposée… On peut dire que ça m’a aidé à acquérir un certain équilibre cognitif, c’est une richesse même si ça n’a pas été vécu comme tel sur le moment. Avoir deux parents séparés depuis très très très jeune avec deux éducations radicalement différentes, ça forge le caractère, mais finalement ça m’a servi de tremplin. Comme j’ai des origines italiennes de mon père - à Nancy il y a eu énormément d’immigration italienne...

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Jenn

Chanteuse, 30 ans, Bordeaux
Place des Quinconces - Bordeaux 

Jenn, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je viens d’une culture métissée, ma mère est de Guyane, mon père est français et j’ai beaucoup bougé. J’ai vécu à l’étranger, notamment en Asie, un petit peu en Amérique du Sud aussi. J’ai l’impression d’avoir mes secondes maisons un peu partout dans ces coins-là. J’ai dû aller dans 15 ou 20 pays. Je suis née en Martinique, après on est allés en Guadeloupe, j’ai de la famille aux Etats-Unis aussi, j’ai vécu en Afrique, au Brésil et surtout en Thaïlande pendant deux ans et demi. Je garde contact avec les gens que j’ai rencontré lors de mes voyages. Pas plus tard que ce matin, une Allemande avec qui j’ai vécu en Thaïlande m’a proposé de la rejoindre à Paris. J’ai un pote colombien aussi qui m’a envoyé un message, je l’appelle « tonton Juan », il s’est bien occupé de moi. Quand tu es en voyage c’est le genre de personne que tu rencontres quand tu es dans des situations un peu difficiles. J’étais tombée malade en l’occurence et j’ai trouvé une famille d’accueil véritablement. Encore aujourd’hui il m’envoie des messages pour savoir si je vais bien ! Quand j’étais plus jeune, j’ai passé pas mal de temps avec ma grand-mère qui est Guyanaise mais aussi aux Etats-Unis. J’ai vraiment ressenti une culture différente par rapport à mon papa qui est français et ça m’a toujours plu et de voyager avec ma mère aussi, de devenir un caméléon culturel, de m’imprégner des cultures différentes et des modes de vie, surtout en Thaïlande ça m’a beaucoup construit. J’étais plus jeune, j’avais la vingtaine, je découvrais plein de choses, la culture culinaire, la culture spirituelle, le mode de vie. C’était très dépaysant et je m’y sentais vraiment bien, je m’y sentais comme chez moi. J’ai appris le thaï à l’école pendant un an. J’ai ouvert ma compagnie dans le tourisme communautaire là-bas, j’étais en free-lance en tant que guide sur les bateaux traditionnels, c’était une des meilleures parties de ma vie ! Et le soir je chantais dans des bars, c’est comme ça que j’ai rencontré un bassiste qui m’a proposé d’aller à Amsterdam pour enregistrer mon premier EP... Du coup, j’ai passé pas mal de temps à Amsterdam aussi ! 

 

Même si j’ai ressenti un choc culturel quand je suis arrivée de Guadeloupe en France et que tout au long de ma vie je me suis cherchée et je ne savais pas vraiment d’où je venais, au final aujourd’hui je comprends, après tous ces voyages, que le plus important c’est d’être bien avec soi-même et d’essayer de vivre pleinement avec le moment présent."

Jenn, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" J'ai rencontré mon ami colombien Carlos avant de partir en Colombie. On a tout de suite connecté, mais lorsque je suis revenue en France notre connexion était d'autant plus forte à travers la langue que j'avais appris là-bas, la danse et l'énergie. Je me souviens que nous avons dansé pendant des heures ensemble sur de la salsa, cumbia, etc. et qu'il m'avait fait part du bonheur que ça lui procurait parce qu'il avait l'impression d'être là-bas, et moi aussi... Carlos est pour moi le soleil dont j'ai besoin au quotidien et qui me permet de retrouver certaines de mes racines caribéennes. "Mi parcerito del sol"."

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Carlos Andres Galindo Pinto

Musicien, cuisinier, un peu de tout, 34 ans, Bordeaux.

Rue Sainte Catherine - Bordeaux.

Carlos, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je viens de la pachamama, je viens de la madre tierra. On vient tous de cette essence, on vient tous de la terre. Toutes les choses qu’il y a à l’intérieur de chaque personne ou à l’intérieur de soi, que ce soit ton énergie ou autre, ça part de tout plein de choses… mais l’unique qui est réelle, c’est la Nature et c’est la chose qui est palpable. La nature c’est de la d’où vient tout le monde et il faut la protéger."

Carlos, peux tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" J'ai rencontré Jorge ici à Bordeaux. Comme tous les colombiens, nous partageons nos racines culturelles : l'énergie, la même passion, pour la musique... C'est agréable de rencontrer un frère de vie ici, loin de la Colombie. On joue ensemble dans un groupe de musique qui s'appelle Bocas de Ceniza. On fait de la Cumbia et tous les membres du groupe nous sommes une famille de courageux latinos."

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Jorge Parra

Organisateur de festivals de cinéma en Colombie et d’évènements culturels autour de la culture latine américaine à Bordeaux, 33 ans.

Cours Marechal  Gallieni - Bordeaux.

Jorge, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Moi je viens du mariage entre l’obscurité et la lumière. Moi je viens de l’univers. Je viens d’une famille où on ne se reconnait pas comme des égaux. Je viens d’une famille perdue qui n’arrive pas gérer les cadeaux que nous à donné l’univers. L’Aequilibrium, l’équilibre universel. L’univers à crée toute cette existence pour nous et nous n’arrivons pas à gérer cet équilibre naturel. Je viens d’une famille qui a beaucoup de peurs, je viens d’une famille qui a beaucoup d’espoirs aussi, je viens d’une famille qui va se rassembler pour remettre tout en ordre."

18/

Suzie Amblard

Recherche d’emploi, 26 ans, Bordeaux 

Le Préssensé café - Bordeaux

Suzie, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Je viens du Nord-Isère, à l’Est de la France, à côté du lac de Paladru. J’ai grandi au milieu d’une 

vallée magnifique qui donnait sur le lac, dans une vieille maison à la ferme. Donc un peu seule au 

monde on va dire… La maison était au milieu des champs, ça reste pour moi une image idyllique, 

un petit coin de paradis où je me dis que j’ai eu la chance de grandir. C’était entouré d’animaux, 

de vaches, d'oiseaux, de moutons. Il y avait un arbre splendide au fond du jardin qui donnait sur de magnifique couchers de soleils. 

C’est une chance pour moi d’avoir grandi là-bas, d’avoir pu être avec les éléments, et je trouve que ça a formé ma personnalité et mon caractère. Grâce à tout ça je suis un peu plus ouverte à l’environnement et à la nature. Les choses me touchent, le  son de la nature, la senteur du vent dans les prés, l'énergie des orages, la pluie... J’ai une relation à la nature importante, je me sens mieux au milieu d'Elle, je me sens bien quand il y a du tonnerre, quand les éléments se déchaînent. Comme un cocon apaisant.

 

J’habite à Bordeaux maintenant mais les montagnes me manquent, je suis entourée de béton ici. Ça me frustre un petit peu, je trouve que ce n'est pas un élément dans lequel on devrait grandir, dans lequel on devrait rester. Je pense qu’il faut se relier à la nature, se relier à ce qu’on est, à la Terre Mère et à la beauté qu'elle nous offre. "

 

Suzie, peux-tu me parler d’une personne que tu connais ?

 

" J'ai rencontré Léa ici à Bordeaux lors d’une soirée entre amis. J'ai de suite accroché avec elle. C'est une femme simple et folle en même temps, celle qui te trouve belle quand tu fais la grimace. Elle a une empathie extraordinaire et tu pourrais lui parler toute la nuit de choses et d'autres qu’elle refuserait de s'assoupir pour que tu lui racontes encore tes histoires.

Elle est comme un gâteau à la crème glacée recouvert de fruits exotiques, mais en son cœur se cache du chocolat fondant et délicieux ! 

Elle est douce et pétillante... 

Parfois on se connecte à certaines personnes sans trop savoir pourquoi, mais la vie nous joue des tours et elle met sur notre chemin des âmes empreintes de l’amour qui font les belles personnes . "

19/

Léa Fernandez

Esthéticienne / vendeuse, 26 ans, Talence.

Place Pey Berland - Bordeaux.

Léa, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Si on lit sur mes papiers, je viens de Bordeaux. Je suis née à Bordeaux, j’ai toujours habité à Bordeaux, j’ai toute ma famille sur Bordeaux donc on peut dire que je suis bordelaise ! Après, moi, je ne me suis jamais vraiment sentie comme telle. Sur un point de vue plus philosophique, j’ai une histoire … enfin c’est-à-dire que je n’ai jamais connu mon papa. Il est décédé quand j’avais deux ans. Donc, j’ai toujours eu une partie où je ne savais pas d’où je venais. Je sais que je viens de ma maman, mais du côté de mon papa il y a une partie un peu manquante. Il y a à peu près deux ans, j’ai fait un voyage pendant un an en Nouvelle-Zélande, c’était un voyage que j’avais prévu avec mon ex-copain. On était partis à la base pour trois mois là-bas. Le fait est qu’au départ je ne voulais absolument pas faire ce voyage, étant très rattachée à Bordeaux, à ma famille, je l’ai fait plus par amour qu’autre chose. On avait un visa qui nous permettait de travailler sur place. Finalement une fois là-bas, j’ai vécu les choses un peu comme une renaissance. J’ai éliminé toutes les choses toxiques que j’avais dans ma vie et notamment cette relation. Je me suis séparée de mon ex-copain et j’ai continué le voyage pendant un an, en étant totalement livrée à moi-même. Il y a une ville en particulier où je suis restée pendant 3 mois et demi. C’est dans cette ville que je me suis échappée après avoir quitté mon petit copain. J’ai fait 12 heures de bus pour y aller, je ne sais pas pourquoi… (rires), mais j’ai traversé toute l’île du nord, cette ville me parlait, c’est très bizarre, je sentais que je pouvais me poser là-bas. Dans cette ville-là, qui s’appelle Mont Maunganui et qui est située dans le nord de la Nouvelle-Zélande, ça a été la première fois de ma vie où je me suis sentie en accord avec moi-même. Je me suis sentie bien. Encore aujourd'hui, je repense à ce sentiment, c’est comme si j’avais glacé cette sensation et maintenant elle est dans ma tête. Aujourd’hui, quand j’ai des situations où je ne me sens pas bien ou qu’il y a des choses qui me stressent, c’est une image mentale à laquelle je repense et tout va mieux. Donc plus philosophiquement parlant, je peux dire que j’ai créé ce petit repère et que je viens de Mont Maunganui. "

20/

Claire Lefebvre

Socio-estheticienne 24 ans, Bayonne.

Gare de Bayonne - Bayonne.

Claire, peux-tu me dire d'où tu viens ?

 

" Quand j’ai su que tu allais me poser cette question, je me suis demandé si ça amenait plutôt à une réponse géographique… et je me suis dit que géographiquement parlant j’allais avoir beaucoup de choses à dire parce que je viens d’une famille de militaires, donc on a beaucoup voyagé. Ça n’a pas toujours été un choix, mais ça m’a permis de naître à Versailles, de grandir dans le Sud-Ouest, de devenir adulte à Bordeaux… Au final, je n’ai pas l’impression de venir de quelque part en particulier. Je ne me sens pas Versaillaise, je ne me sens pas Bordelaise, ni Montoise, ni aucune des villes où j’ai habité. Aujourd’hui, je continue un peu dans cette « lancée », à bouger un peu tout le temps. C’est pourquoi j’ai atterri ici complètement par hasard, même si c’était aussi par choix. Je pense que ce n’est pas très intéressant de te parler de toutes les villes où je suis passée. 

 

J’ai été amenée à me questionner sur moi-même et je me suis dit : « Finalement je ne sais pas d’où je viens ». C’est très angoissant. Il y a des gens qui sont très fiers d’être de leur ville ou de leur région, c’est leur identité et moi je ne sais pas du tout comment traduire mon identité. Je viens d’une famille de militaires, je suis née dans le nord de la France et pourtant c’est rien de tout ça qui me caractérise aujourd’hui. Je suis à l’opposé même. 

 

Je pense que d’avoir été dans un milieu qui ne me correspond pas, que l’on m’a imposé, plus je grandissais, plus je me rendais compte que ça ne me convenait pas, je me suis dit : « Mais qui je suis ? », « Je viens d’où ? ». Peu d’éléments que l’on m’a donné toute ma vie me correspondaient, du coup c’est pour ça, je crois, que j’ai voulu tout quitter et recommencer à zéro ici.

 

Finalement, je n’associe pas forcément mes origines à un lieu, mais plus à l’idée de voyager, d’aller à différents endroits pour essayer de se connaître. Ça m’a fait très peur de me lancer toute seule, de partir loin de ma famille mais c’est une bonne peur, ça fait du bien. J’ai d’autres projets, j’aimerais partir à l’étranger et peut-être que plus tard, je te dirai que je viens du Canada du coup ! "

Claire, peux-tu me parler de quelqu’un que tu connais ?

 

" Je peux te parler d’Alison. On s’est rencontrées quand on avait 4 ans, nos pères travaillaient ensemble, on a littéralement grandi ensemble. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi, qui a une force et une joie de vivre à toute épreuve ! C’est quelqu’un qui mérite d’être connu. "

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 © 2019 Caroline Guerin. 

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